PARACHUTISME EN PAYS BASQUE
du Mardi 19 au Jeudi 21 Juillet 2016

 

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Dans son livre «  En equipage sur Noratlas », Jean-Claude Noguellou rapporte un adage bien connu des aviateurs du transport : «  Nous, on ne fait pas grand-chose de la journée, mais on le fait toujours tôt le matin ». Ce n’est pas la mission de ce jour qui le démentira, avec un réveil faisant sursauter les membres d’équipage aux alentours de 4 heures du matin, ce mardi de juillet.
 Rendez-vous avec les parachutistes étant fixé à 10 heures précises sur l’aéroport de BIARRITZ Pays Basque,  pas le temps de faire la grasse matinée !

C'est à l'occasion de la passation de commandement (PASCOM) du 1er Régiment de Parachutistes d'Infanterie de Marine (1er RPIMa), que notre 105 quittait sa base de Marignane pour poser à 09H40 loc. sur LFBZ .
Aussitôt les portes ouvertes et les sangles des caisses du lot de soute retirées, l'escouade du bureau TAP vidait le cargo en moins de 5 minutes sans que l'équipage intervienne !
Pendant que le CDB et le responsable parachutiste de l'organisateur mettaient au point le programme de la matinée, les largueurs bénéficiaient de  l'extension technique pour les procédures de parachutage et de remontée « para  accroché » sur Nord 2501 par l'un des leurs, déjà qualifié.

S'ensuivirent alors 3 décollages successifs pour des parachutages en SOA sur la ZS de HANDIA située entre les villages de CAMBO Les Bains et HASPARREN, au cœur du Pays Basque.
En raison de la proximité de la ZS et de l'aéroport de BIARRITZ, lieu de l'embarquement des parachutistes, la moyenne des rotations s'établit à moins de 25 minutes. Certains situés en cabine en conclurent que c'était grâce à l'habileté du CDB et à l'aide précieuse du copilote et du Mec-Nav. D'autres, en sueur et épuisés, certifièrent que c'était dû à la vélocité de l'équipe de largage qui, à peine les SOA remontées, la séparation d'avec les prolongateurs effectuées et les sacs collecteurs fermées pouvaient accueillir les sticks suivants le 105 à peine arrêté !


Après une courte coupure, le Noratlas redécollait pour 2 rotations de chuteurs. Le temps pour les parachutistes de revenir de la ZS, temps mis à profit pour un rapide casse-croûte, les moteurs du 105 reprenaient vie pour un parachutage d'OA. Hélas le vent sur zone était monté à 6 m/s constant avec des rafales à 8 et 9 m/s. Le parachutage fut donc annulé et le Noratlas se posa soute pleine en inscrivant VIS  (pour Vol avec Intention de Saut), sur le carnet de vol.
Les chuteurs étant déjà revenus de la ZS, et la force du vent étant compatible avec les performances de leurs voilures, ils embarquèrent pour "doubler".

C'est alors que le "chat noir" tant redouté frappa : le démarreur refusa d'emballer les cylindres du moteur droit, malgré toutes les cajoleries et l'expérience de notre mec-nav. Commença alors une course pour son dépannage.
Les essais de remise en route étant infructueux malgré les échanges de fusibles, le diagnostic redouté tomba à 18 H 30 : le démarreur à droite avait rendu l'âme et devait être changé. Vous imaginez bien que, remplacer un démarreur d’environ 10 kg douillettement niché dans les entrailles d’un moteur d’avion, ce n’est pas une mince affaire, surtout quand on n’a que l’échelle de bord pour se hisser à sa hauteur. Grâce à l’aide spontanée des pompiers de l’aéroport, une deuxième échelle nous permit de travailler de chaque côté du moteur, un troisième mécano juché sur l'aile n'étant pas de trop. Pour agrémenter l'exercice, précisons qu'il est impossible de travailler avec ses deux mains dans l'étroit passage disponible, il faut se contenter de son bras droit (ou gauche) suivant le côté par lequel on accède.


Toute l'efficacité et la pugnacité du mécanicien navigant et l'aide inconditionnelle plus ou moins technique des autres membres de l'équipage, en particulier de Germain, notre  CDB  - dont la taille, la force et la connaissance de l'avion furent précieuses - firent qu'à 22 H 20, la nuit tombant, le démarreur de rechange était en place et les capots refermés.
Il restait à remplacer le contacteur qui envoie l’énergie électrique au démarreur, « grillé » lui aussi  et vraisemblablement à l’origine de la panne. Hélas, cette pièce très fiable (communément appelé « relais »)  ne figure pas dans le lot de pièces de rechange que transporte le 105 à chacun de ses déplacements.



Le repas ayant été "sauté", mais le démarreur changé, c'est après une rapide douche que les membres de l'équipage se mirent à 23 H 40 à la recherche d'un QUICK, dernier « restaurant » ouvert à Bayonne, pour tenter de reprendre quelques forces à la "fast food".
Pour certains ce "repas" fut une première, ainsi que de faire passer un "Giant" ou un "Bacon" avec ... un Pepsi Cola, la bière n'étant pas autorisée à cette heure tardive où seul le "Drive" permet d'acheter quelque nourriture ! Tout un apprentissage pour certains, donnant lieu à de multiples plaisanteries qui masquaient la tension engendrée par le traitement d’une panne loin des facilités de notre base.

Le lendemain matin, suivant un scénario déjà vu au cinéma mais bien réel  pour nous, commença la mise en œuvre d’une chaine de solidarité afin de nous faire apporter, dans les meilleurs délais possibles la pièce tant espérée, tapie sur un rayon du conteneur n° 2 de notre stock de pièces détachées de Marignane.
Là encore, la disponibilité, la rapidité et les connaissances des membres de l'association prouvèrent leur efficacité s'il en était besoin. A 12 H 30, un avion de la ligne régulière en provenance de Marseille Provence posait sur Biarritz avec le contacteur  flambant neuf qui, attendant son heure depuis sa révision... en 1974, fut prestement monté dans la zone 3 du compartiment moteur.

 


Après un suspens intolérable, le "Droit" se mit à ronronner à nouveau  à 13 h 30, et les parachutages pouvaient reprendre !!!
Hélas depuis le matin le brouillard et la pluie, qui durèrent toute la journée, ne permirent aucune activité parachutiste ce jour là hormis un vol de repérage.
Le soir, les organisateurs nous invitèrent pour un apéritif au cœur de BAYONNE le long de la NIVE et s'ensuivit un repas convivial dans un restaurant typique de cette belle ville du pays basque. Les préoccupations de la veille (et les hamburgers)  étaient déjà loin,  place à la gastronomie et aux souvenirs confraternels !

Le jeudi 21, la hauteur du plafond ne permit pas les sauts en commandé pour les chuteurs ce qui donna la possibilité rare aux personnels en OA de tripler.
Le 105 enchaîna 3 fois 2 décollages pour de jeunes parachutistes ravis de pouvoir montrer sur leur carnet de sauts, 3 sauts le même jour à partir d'un Noratlas !



En milieu d'après midi, le lot de soute rembarqué, les adieux effectués avec des organisateurs dont l'accueil fut parfait et empreint d'efficacité et de gentillesse, le 105 fit un dernier passage BH (Basse Hauteur) sur l'aéroport où nous laissions des amis dans toutes les catégories des personnels aéroportuaires et des militaires de ce glorieux régiment. N'oublions pas notre ami soutier, disponible à tout instant pour étancher la soif de notre monture grâce à sa bonne essence "Low Lead" indice d'octane 100.
Le retour fut réglé en un peu plus de 2 H 35 de vol et, après avoir bâché notre valeureux 105 et mis à l'abri les matériels sensibles, nous prîmes le pot  traditionnel avant de rejoindre nos familles, avec la satisfaction de la mission remplie malgré le chat noir qui s’était glissé à bord !

 


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