L'auteur, Patrick Asselin, retrouvé dans son repaire Corse.

 

C''était un meeting PAF  Le  Havre  et  Falaise le 15 septembre 1983. Nous arrivions du meeting de TOURS.
A l'arrivée des petits bleus, (dans notre jargon, les Alfa-Jet de la Patrouille de France), aucune panne signalée, permettait à l'équipage du NORATLAS d'accompagnement de la PAF d'être à peu près serein pour une soirée tranquille sur place.


L'équipage de la Grise, Chacha, Patrick, Claude, et, pardon d'avoir oublié le quatrième larron, la mémoire est versatile, cherchait à établir un programme pour la soirée, car aucune réception officielle n'était prévue le soir de l'arrivée. Ou manger? Que faire? Questions récurrentes en meeting.

Nous prenions un verre dans le bar de l'hôtel. Dans un coin, une bande de
4 à 5 personnes totalement inconnues devisait assez fort en prenant un pot.
A leurs propos, nous avions compris qu'ils faisaient partie de l'organisation du meeting havrais.

Pourquoi à un moment, captons nous les paroles suivantes du groupe havrais: si on allait prendre l'apéro chez Jean Luc? Ils sont bien sur tous d'accord.

A leur étonnement, une voix forte s'élève au sein de notre équipage: "Nous aussi nous sommes d'accord !". Qui de nous a eu le culot d'oser prononcer ces paroles? Nous ne le dénoncerons pas.

Après quelques mots de présentation, nos compères, parfaitement inconnus, et interloqués, mais joueurs, acceptent de nous emmener chez Jean Luc.
Peut être ont ils cru que nous le connaissions.

Partant de là, Banco, nous voilà partis avec de parfaits inconnus vers un domicile inconnu, se faire inviter sans y être convié chez un inconnu: JEAN LUC.

Entre gens du monde aéronautique, tout se passe très bien. Nous faisons connaissance de tous ces gens, prenons l'apéro (sauf celui désigné pour être sobre), si bien que la cave située sous l'escalier chez notre fameux hôte se vide assez rapidement.

Vers minuit, une idée germe dans nos esprits encombrés. Un de nos membres annonce: «  et si nous faisions une soupe à l'oignon ? ».
Rapidement la fouille des ressources et ingrédients commence sous l'œil ébahi de JEAN LUC effondré d'un tel sans gêne.

L'équipage de la grise transformé en cuisinier s'active, et vers 3 heures du matin, une agréable odeur nous chatouille les narines .la soupe est dégustée mais une nouvelle idée germe dans nos têtes ou plutôt une envie folle de bananes flambées proposée par un membre de l'équipage qui se dit spécialiste de ce plat, ayant séjourné dans les îles.

Cependant une fouille précise du garde manger révèle l'absence des fruits.
Qu'à cela ne tienne, Patrick et Claude annoncent, nous allons en chercher, il est plus de 3 heures du matin. Et, miracle, nous revenons avec les bananes, nous avons oublié où nous les avons trouvées.
La nuit s'achève, la maison de Jean Luc est salie et en désordre.
L'équipage se transforme aussitôt en nettoyeur et entreprend de ranger, faire la vaisselle, l'essuyer, balayer, passer la serpillère etc.

Les invités (les vrais) de Jean Luc ne veulent pas rester inactifs et se mettent aussi au nettoyage dans la bonne humeur. Nous entendons une réflexion d'un des leurs : Monsieur le Sénateur, redonnez là un coup de serpillère, c'est sale...

Surprise, le sénateur de la région avait été témoin de nos agissements et avait joué le jeu sans se dévoiler !



Le retour vers l'hôtel fut sans encombre et nous étions prêts pour une journée de meeting normale.

Nous espérons que cette anecdote sera lue par les acteurs de cette soirée et qu'ils nous le feront savoir. Surtout, si, Jean Luc, que nous n'avons jamais revu, lit ces lignes et nous contacte,  ce serait très agréable de pouvoir lui présenter des excuses pour notre sans gêne.
    


Marignane  le : 20 septembre  2016.                     

Souvenirs véridiques rapportés par Patrick ASSELIN & Claude TRAVERSO                    


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