BAYONNE – BIARRITZ du 21 au 23 juillet 2020 

Passation de Commandement au 1er Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine (1er RPIMa)

 

           

 

 

 Le 1er RPIMa est un régiment des forces spéciales de l’armée de terre. Héritier des SAS de la France Libre ayant combattu aux côtés des Britanniques, le 1er RPIMa est la seule unité française affiliée à l’appellation SAS ainsi qu’à sa devise : « Qui ose gagne » de l’anglais « Who dares wins » (voir fiche signalétique en bas de cet article).

A l’occasion de la passation de commandement (PASS COM) du Colonel commandant ce régiment relevant du Commandement des Forces Spéciales Terre (COST), notre Noratlas est invité à assurer la partie aérienne de l’évènement : largages de parachutistes et passage basse hauteur sur la Citadelle « Général Bergé » à Bayonne.  Notre avion est très apprécié et souvent appelé lors des cérémonies de passation de commandement, journées portes ouvertes et célébrations de la Saint-Michel, saint-patron des parachutistes. Pour cette fois, il sera stationné et embarquera les paras  sur l'aéroport de Biarritz-Pays Basque.

 Ce mardi 21 juillet 2020 nous décollons vers 12h30 à destination de Tarbes où nous avitaillerons avant de poursuivre vers notre destination finale, l’aéroport de Biarritz-Pays Basque (LFBZ en code OACI).
Le décollage de Marignane s’effectue sur la piste 13 R, vent calme, température aux alentours de 28 à 30°C.
Après le décollage, virage à droite et montée vers 1000 ft (300 m) pour le transit côtier vers l’Ouest.
Passage au-dessus de la Camargue, travers Sud de Montpellier, puis Béziers et enfin Tarbes. Tout le trajet se fit sous un soleil éclatant. Il faisait chaud dans le 105, mais nos deux Hercules tournaient vaillamment !

 

     

 Atterrissage à LFBT (Tarbes-Lourdes-Pyrénées) à 14 h 00 et direction le parking où nous attendait la citerne de l’essencier. Les 2000 litres de F18-100LL (essence AVGAS 100 octanes Light Lead soit bas niveau de plomb) nous permettront d’assurer les rotations parachutistes du lendemain.
Particularité due à la crise sanitaire mondiale : tous les taxiways étaient couverts d’avions « cocoonés » et rangés les uns à côté des autres. Devant nous, toute une rangée de Boeing 787 arrivés de Hong Kong flambant neufs. Vraiment impressionnant et malheureux de voir toutes ces machines de compagnies telles qu’Air France, Lufthansa, SAA, JOON et beaucoup d’autres. Certains appareils sont neufs et immatriculés en F-W… donc pas encore en ligne…Ce COVID 19 aura fait de gros dégâts collatéraux… De plus, grâce à la Sté TARMAC, Tarbes est devenu un important centre de destruction d’avions retirés du service. Les Airbus A380, arrêtés trop tôt, commencent à se voir dépouillés (voir notre article sur le para du 22-06-2020 au profit du 1er RHP et35e RAP)

Remise en route du 105 pour LFBZ pour un vol de 35 min dans la lourdeur de cette chaleur pyrénéenne. Ici aussi, la crise se fait sentir et les mouvements aériens sont très espacés. A Biarritz, accueil chaleureux des militaires du 1er RPIMA que nous connaissons bien maintenant, et déchargement du « lot de bord » (bidons d’huile, outillage de secours, certaines pièces mécaniques « au cas où », etc.)
S’en suit une « RAT » (pour « Réunion Air Terre ») afin de définir le déroulement des largages du lendemain en OA (ouverture automatique) et OR (ouverture commandée retardée).
Xavier, notre chef largueur, forme aussitôt les largueurs militaires aux particularités du Noratlas car ce sont eux qui seront responsables de la sécurité de leurs hommes. Comme sur tous les avions effectuant des sauts à ouverture automatique, la procédure de récupération du « para accroché » est minutieusement répétée, avec le matériel spécifique à l’avion. Il a préparé des check lists qui facilitent la formation.
Les paras sont étonnés par les vastes dimensions de notre soute, beaucoup plus agréable que celle des Casa 235 qui leurs sont souvent dévolus. En l’air, ils seront surpris par la stabilité de « l’ancêtre », alors que le « marsouinage » de son descendant rend les vols inconfortables.
En fin de journée, en route vers l’hôtel situé à Anglet, à proximité du terrain pour une bonne douche et une bière bien fraiche suivie du repas animé par la bonne humeur de "Doume" qui retrouve son régiment après une "pause" de 51 ans !.

    

Nous sommes parqués sur la zone dévolue à Dassault - Marc assurera de nombreuses rotations

 

Le lendemain, après une nuit réparatrice et un réveil aux aurores, nous sommes à pied d’œuvre à 6h30 pour préparer l’avion. Hélas un « cunimb » (cumulonimbus) passe à proximité du terrain et nous oblige à patienter pour la mise en route. Grace à un léger vent celui-ci se décale et libère le terrain ainsi que la ZMT (zone de mise à terre, lieu d’atterrissage des parachutistes).
Après l’embarquement des paras pour une série d’OR, le décollage s’effectue sur la piste 09 pour rejoindre la ZMT de Handia. Cette zone de parachutage n’est pas pour les débutants : relativement courte et étroite, elle est située sur un plateau, donc entourée de terrains plus ou moins pentus. Heureusement, nous larguons des « charrettes » de 14 paras seulement. A sept par porte, ça va vite !
Retour et rechargement d’une autre équipe de paras, moteurs tournants pour gagner du temps et notre 105 repart vers la ZMT, cette fois-ci avec des OA.
Xavier a fort à faire : interface entre les pilotes est les paras, il lui faut avoir l’œil à tout, sa concentration est maximum et ses allées et venues dans l’avion sont incessantes.

        

A gauche : Les "OA" attendent le "vert"         Au milieu :  pliage des ailes sur place         A droite : les "OR" lourdement chargés attendent le niveau 100 et le bon axe


La matinée se déroulera ainsi avec des séries successives d’OA (à 400 m.)  et d’OR ( à 3300 m) jusqu’à 14h00 où l’on coupe les moteurs pour un sandwich bien mérité. Les bouteilles d’eau bien fraiches sont également très appréciées.
Nous avons le plaisir d’avoir la visite du directeur de l’aéroport qui est venu voir de près notre belle machine. Il nous connaît déjà et évoque le changement de démarreur que nous avons dû faire sur son aéroport en 2016 et dont la seule conséquence avait été de retarder… le diner de l’équipage (après 4 heures de labeur tout de même !).
L’après-midi se déroulera avec une série d’OR. Dans la lancée le cap fut mis sur Tarbes pour un nouvel avitaillement, et retour sur Biarritz en fin d’après-midi. En effet, la station d’essence 100 LL de Biarritz n’accepte que des machines d’une envergure inférieure à 13 m or notre 105 affiche une envergure de 32,50 m… d’où notre petite escapade Tarbaise.
Après cette longue journée, retour à l’hôtel pour un repos bien mérité et une 2e nuit écourtée car notre journée du lendemain, dernier jour de la mission, débutera encore à 6h30 au pied de l’avion.

    

Jeudi matin, très tôt, nous nous rendons au terrain pour une préparation de l’avion et pendant que Xavier et les pilotes, font un briefing en compagnie des paras présents pour un saut en OR au-dessus de la Citadelle « Général Bergé », fief du 1er RPIMa. Ce saut doit s’effectuer à 8500 ft (2500 m) et le temps de montée sera aux alentours d’une vingtaine de minutes. Arrivés au niveau de largage, l’information de l’équipe de marquage et de sécurité au sol annonce un vent défavorable et supérieur aux maximas autorisés au sol pour ce type de saut et annule donc la séance (en raison de l’étroitesse de la ZMT). Nous entamons donc la descente vers le terrain de Biarritz. Déception de toute l’équipe des paras et de l’équipage. Mais nous avons tous le même objectif : sécurité avant tout !
A notre retour une équipe de paras nous attend pour une autre séance d’OR et nous redécollons à 11h05 pour le même circuit. Arrivés sur zone à la même altitude (2500 m), nouvelle annulation pour la même raison que précédemment. Aujourd’hui le dieu Éole n’était pas de notre côté…
Cependant nous avons effectué une descente sur la forêt landaise et un superbe passage basse hauteur réglementaire au-dessus de la citadelle où se déroulait la cérémonie de passation de commandement du 1er RPIMa.
Nous survolons cette superbe citadelle construite par Vauban en 1680, édifice carré à quatre bastions dominant l’Adour.

    

 Après l’atterrissage, un véhicule qui nous conduira vers la citadelle pour le cocktail clôturant cette passation de commandement. Nos combinaisons vertes tranchent au milieu de dizaines de treillis à dominante marron. Nous retrouvons le tout nouveau et très jeune « patron » que nous avons eu l’honneur de faire sauter la veille et lui remettons les cadeaux traditionnels de notre association pour lui exprimer notre gratitude. Tout l’équipage récolte indument les félicitations pour ce passage bas particulièrement apprécié (alors que le mérite en revient exclusivement aux pilotes). Les souvenirs des anciens remontent : le Noratlas, ils connaissent ! Nous sommes remerciés pour notre ténacité dans la conservation de ce patrimoine qu’est le Nord 2501 NORATLAS et devons répondre à de nombreuses questions. Un bien agréable moment qu’il nous faut interrompre trop rapidement.

Retour sur le terrain à 14h00 où nous retrouvons notre belle « Grise ». Nous jouons à l’envers la scène de l’arrivée (chargement du lot de bord et de la barre de remorquage, et nous remettons en route les fidèles Hercules qui nous ramènent sans problème à la base de Marignane en moins de 2h00, le vent étant favorable.
Atterrissage à 16h00 loc, une nouvelle mission accomplie pour notre fidèle Grise.

 Par contre, ce n’est pas terminé pour Thomas, notre jeune mécanicien navigant. Après de nombreuses heures de formation, et un examen final où le chef pilote ne l’a pas épargné, il se voit remettre par Éric, son mentor, les précieuses ailes et la roue dentée symbolisant l’ordre des mécaniciens navigants. Prenant les devants, ses camarades lui avaient déjà octroyé les saints sacrements à sa descente d’avion, sous forme d’œufs, de farine, et autres mélanges peu ragoutants. La tradition est (bien) respectée ! Bravo Thomas, nous sommes tous heureux pour toi.

      

Thomas, baptisé dans les règles,  est validé "mec-nav" par Jacques le Chef-Pilote, et reçoit ses ailes des mains d'Eric, son moniteur

 

Particularité concernant les sauts à ouverture automatique (SOA) depuis le Noratlas :
Les parachutes de l’Armée Française sont actuellement de deux types :
- Les EPI (Ensemble de Parachutage Individuel), ancien modèle remplacé progressivement par :
- Les EPC (Ensemble de Parachutage du Combattant), à la voile plus importante.

Pour sauter du Noratlas, nous ajoutons aux EPI (munis de sangles de 4 m) des prolongateurs de sangle de 1,44 m, soit au total 5,44 m. Ces prolongateurs sont fournis par le Noratlas.
Au contraire, les EPC sont munis de sangles plus longues (5,15m) adaptées au nouvel Airbus A400M et ne nécessitent pas de prolongateur, ce qui facilite les largages depuis notre avion.
Il arrive que les deux types de parachutes soient embarqués pour une même rotation depuis le Noratlas, mais ils ne sautent pas en même temps.
Toutes ces procédures ont été testées et validées par le Service Technique de l’Armée de Terre (STAT), Groupement Parachutiste, situé à Toulouse-Francazal

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Avertissement !

Une fois encore dans un article relatif au Noratlas de Provence, une publication aéronautique écrit que les parachutages faits par notre 105 auraient pour but de palier le manque d'aéronefs largueurs militaires.

Nous rappelons :

  • Que nous sommes une association Loi 1901 composée de bénévoles, dont l'objet est de maintenir en état de vol le NORD 2501 N° 105 immatriculé F-AZVM, dernier avion de ce type volant au monde. De cet appareil, dont la carrière militaire prit fin en 1986, furent largués des milliers de jeunes gens, et il reste un appareil mythique dans le monde du parachutisme.
  • Que les prestations faites au profit des structures militaires des 3 Armées ne sont réalisées que pour des parachutages ponctuels exécutés lors de manifestations non opérationnelles, pour des commémorations, des anniversaires, des "Journées Portes ouvertes", des journées des familles, des baptêmes de promotion, des fêtes d'unité ou pour des passations de commandement.
  • Que le statut administratif de notre avion, titulaire d'un CERTIFICAT DE NAVIGABILITE RESTREINT D'AERONEF DE COLLECTION (CNRAC) ne nous permet pas d'embarquer des passagers autres que les membres d'équipage nécessaires à la conduite et à la mise en oeuvre de l'avion. Nous regrettons donc de ne pas pouvoir répondre aux nombreuses demandes d'embarquement sur le 105, à titre gracieux ou payant

Nous RECHERCHONS !

  • Chambres à air :
    Nous recherchons des chambres à air pour notre roue de Train Auxilliaire (Avant) réf. DUNLOP AERO n° 14 - 950x335 (modèle identique aux roues de TP de Dassault 311 et 312 "Flamant"). Contact mail ou 06 15 44 83 40
  • Ampoules phare de roulage :
    Voir en détails ICI
  • Toiles sièges parachutistes :
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